14.7.15

Le Cameroun veut sortir son secteur minier de l'exploitation informelle

Média Terre 

« Poursuivre l’organisation de l’activité minière artisanale en vue de l’orienter vers le secteur formel, puis améliorer le cadre de vie des populations locales ». C’est la principale recommandation de la deuxième édition de la Conférence internationale et l’exposition sur les mines au Cameroun (Cimec 2015) qui s’est tenue du 27 au 29 mai 2015 à Yaoundé. Au cours de cette conférence internationale qui a regroupé près de 800 participants et 200 officiels et opérateurs de l’industrie minière et des activités connexes, le Cameroun a ainsi eu l’occasion de présenter son savoir-faire en matière minière et de profiter de l’expériences d’autres pays (d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe) pour peaufiner sa stratégie en vue de se positionner comme l’un des leaders en Afrique dans le domaine de l’industrie minière.

Les participants à cette conférence qui avait pour thème : « Développement durable du secteur minier en Afriques centrale » ont proposé de « poursuivre la compatibilité de l’activité minière artisanale au développement durable ». Cela nécessite la mise sur pied qu’une politique de professionnalisation et de renforcement des capacités des acteurs du secteur. Cela passe également par un processus d’acquisition des infrastructures nécessaires au développement du secteur (engins, laboratoires, équipements de sondage). Il a été également recommandé de faire une prospection poussée des minerais pouvant entrer dans la confection des intrants (calcaire, phosphate…).

Le Cameroun qui dispose du plus grand gisement d’Afrique en nickel et cobalt, de la deuxième réserve d’Afrique en bauxite, du plus grand corridor d’Afrique centrale en gisement de fer, du rutile, de l’or, du diamant, de l’uranium et d’autres pierres précieuses, n’exploite jusqu’ici que 40% de son potentiel minier. Mais depuis peu et grâce au financement de la Banque mondiale, le pays est entrain d’étendre ses zones de recherche du sous-sol. L’Union européenne intervient également dans l’encadrement des artisans miniers à travers le Projet d’appui à l’amélioration de la gouvernance dans la gestion des ressources minières. C‘est dans cette optique que 147 millions de Fcfa ont été mis à la disposition de certaines communes de la région de l’Adamaoua dans la partie septentrionale du pays pour encadrer les artisans.   


13.7.15

Cameroun : des prêts chinois attendus pour la voie ferrée du projet de fer Mbalam-Nabeba

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Le gouvernement Camerounais se tourne vers la finance chinoise pour apporter les investissements attendus pour la construction du chemin de fer et des infrastructures portuaires liées à l’important projet Mbalam-Nabeba, un gisement de minerai de fer à large échelle, entre le Cameroun et le Congo.

Selon la  junior minière australienne, Sundance Resources, le Cameroun se serait engagé à chercher la totalité du financement pour la partie de la voie ferrée et des infrastructures portuaires. Yaoundé dispose de 98% d’intérêts dans les infrastructures ferroviaires et portuaires contre 2% accordé à Cam Iron S.A., filiale de Sundance. Ce schéma restera en vigueur jusqu’à la date de la première production commerciale du minerai dans le projet.

La mise en valeur du projet implique la construction d’une voie ferrée de 510 km à partir de la mine de Mbarga au Cameroun et de 70 km de voie secondaire reliant la mine de Nabeba au Congo pour le transport du minerai de fer jusqu’à la côte camerounaise. Le projet comprend également la construction d’un nouveau terminal en eau profonde pour l’exportation du minerai de fer à Lolabe, qui pourra accueillir des vraquiers d’une capacité maximale de 300 000 DWT.

Pour rappel, Sundance Ressources a porté son choix sur Mota‐Engil Africa, une société internationale des domaines d’ingénierie et de construction, maître d’ouvrage chargé de construire les infrastructures portuaires et ferroviaires d’un montant de 3,5 milliards de dollars US pour le projet Mbalam‐Nabeba.

Congo Iron SA, filiale de Sundance Resources, et Mota‐Engil Africa avaient également signé, en juin 2014, le contrat d’ingénierie, approvisionnement et construction (IAC) pour la section Nabeba‐Mbalam de 52km de voie ferrée qui sera construite au Congo pour relier la mine de Nabeba au chemin de fer camerounais.

Le projet Mbalam-Nabeba sera concrétisé, en deux phases, par l’exploitation de 35 millions de tonnes par an de mineraiS de fer à partir des gisements du Cameroun et du Congo sur une durée de 35 ans. La Phase 1 consistera à exploiter du minerai à enfournement direct pour au moins 10 ans, tandis que la Phase 2 allongera la durée de vie de l’exploitation de 15 ans supplémentaires en produisant un concentré d’itabirite hématite à haute teneur.


6.7.15

Cameroun-Congo : manoeuvres chinoises autour du projet minier de Mbalam-Nabeba


La Chine va financer la construction du rail et du port minéralier de Lolabé, des infrastructures liées au projet minier de Mbalam-Nabeba, entre le Cameroun et le Congo. Le groupe portugais Mota-Engil, qui avait remporté l'appel d'offres pour la construction de ces installations et disposait d'un an pour en structurer le financement, devrait en être évincé.

Alors que les prix du fer sont en net recul, l’Australien Giulio Casello veut croire que le salut des projets africains liés à ce minerai passe par la Chine, son principal consommateur mondial. Le patron de Sundance, qui mène le projet de fer de Mbalam-Nabeba, à cheval sur le Cameroun et le Congo Brazzaville, se dit « soulagé » de la décision du Cameroun, annoncée le mercredi 1er juillet 2015, de reprendre à son compte la partie infrastructures de ce complexe minier.

La reprise en main par Yaoundé de la construction et de l’exploitation du rail et du port minéralier de Lolabé – tous les deux au Cameroun –  s’explique par la promesse de financement chinois obtenue par le Premier ministre Philemon Yang lors de son voyage à Pékin le 19 juin, même si les détails de l’accord restent à être définis puis paraphés par les officiels des deux pays, ce qui pourrait prendre encore six mois.

« Désormais, nous allons concentrer nos efforts sur le financement de la partie minière du projet. Ce qui requière un financement trois fois moins important que lorsque nous pilotions les deux composantes du projet », se réjouit Giulio Casello, joint par Jeune Afrique à Perth, où sa société est basée.

La décision du Cameroun fait toutefois un malheureux : Mota-Engil. Sélectionné en juin 2014 par Sundance suite à un appel d’offres pour la construction de ces infrastructures, pour un montant 3,5 milliards de dollars, le groupe de BTP portugais disposait de douze mois pour structurer la syndication bancaire autour du projet. Il n’y est pas parvenu et sera « très probablement remplacé par un groupe chinois, Pékin ayant rarement l’habitude de financer des projets bâtis par des sociétés n’étant pas basées dans l’empire du Milieu », estime Giulio Casello.

Un partenaire chinois

Le dirigeant australien, qui a obtenu une extension de deux ans de son permis d’exploration au Cameroun – jusqu’au 24 juillet 2017 -, pense aussi que ce soutien chinois aux infrastructures du projet permettra aussi à Sundance de trouver plus facilement un partenaire dans l’empire du Milieu. Selon ce fin connaisseur de la Chine, le géant asiatique ne financerait pas la partie infrastructure du projet sans appuyer sa composante minière.

Giulio Casello indique d’ailleurs préparer une série de présentations sur les marchés financiers – surtout en Chine –  montrant le nouveau modèle économique de son projet pour attirer des investisseurs. Sundance doit réunir les fonds nécessaires à ses mines de Mbalam (au Cameroun) et Nabeba (au Congo-Brazzaville) dans les neufs mois qui suivent l’accord entre la Chine et le Cameroun pour les infrastructures, un délai qui « n’inquiète pas » Giulio Casello, qui ne croit pas au risque que Sundance soit évincé du projet par un groupe minier chinois.

En marge de la conférence Mining on Top – Africa à Londres, le secrétaire d’État camerounais aux Mines Fuh Calistus Gentry confiait que le projet Mbalam-Nabeba est l’un des trois gisements miniers jugés prioritaires du gouvernement, avec ceux du chinois Sinosteel à Lobé, et de l’indien Jindal à Ngovayang.


Christophe Le Bec




Cameroun: Sundance Resources dévoile des progrès significatifs sur le fer de Mbalam-Nabeba

Agence Ecofin


Sundance Resources Ltd s’est réjouie, dans une mise à jour le 30 juin, d’un progrès significatif dans la recherche de financement pour son projet de fer Mbalam-Nabeba situé à cheval entre le Cameroun et le Congo.

Elle a fait état de ce que le gouvernement du Cameroun s’est engagé à rechercher la totalité du financement nécessaire pour le chemin de fer et les infrastructures portuaires du projet au Cameroun, via des prêts chinois et probablement auprès d’autres pays amis.

Le Cameroun détient à hauteur de 98% les infrastructures ferroviaires et portuaires. Cependant, en reconnaissance des investissements réalisés à ce jour et des efforts en cours de la compagnie, Cam Iron S.A., filiale de Sundance, prendra un carried interest de 2% dans ces infrastructures  jusqu’à la date de la première production commerciale dans le projet.

La junior minière australienne a annoncé avoir signé, le 30 juin, avec le Cameroun un accord transitoire qui proroge au 24 juillet 2017 son permis d’exploration EP92, tandis que la convention de Long Stop Date sur Mbalam a été prolongée au 26 juillet 2015 avec une possibilité de son extension au 24 juillet 2017. « La signature de l’accord transitoire permettra à Sundance de se focaliser sur le financement, la construction et l’exploitation des mines Mbarga et Nabeba », a expliqué Giulio Casello, CEO de la compagnie australienne listée sur ASX.

La mise en valeur du projet Mbalam-Nabeba se fera en deux étapes. La première étape porte sur la production de 35 millions de tonnes de minerai à enfournement direct, par an, sur 12 ans.

Mbalam-Nabeba comprend une mine de minerai de fer au Cameroun et une autre au Congo. Les mines seront desservies par un réseau ferroviaire de 510 km qui traverse de l’Est à l’Ouest, le Cameroun jusqu’au port en eau profonde de Kribi, sur la côte ouest du Cameroun, ainsi qu’une ligne de 71 km reliant Nabeba à Mbalam.

Le projet produira de l’hématite à haute teneur pour au moins 10 ans, jusqu’à épuisement des réserves avant de passer à l’exploitation du minerai d’itabirite de moindre teneur et sous-jacent à la ressource à haute teneur, pour une période de 25 ans supplémentaires.


Sundance Resources offloads infrastructure piece of $US4.6bn project

The multibillion-dollar rail and port component of Sundance Resources' $US4.6 billion Mbalam-Nabeba iron ore project has been offloaded to the Cameroon government, leaving the company to focus on swiftly securing about $US1 billion ($1.3 billion) to bankroll the iron ore development.

After years of pursuing funding for the entire project, the junior iron ore hopeful informed the market on Wednesday the government of the Republic of Cameroon would seek financing for and ultimately own the infrastructure. If successfully developed, Sundance would pay tariffs to use the 510 kilometres of rail lines and a port at Lolabe in Cameroon undertake or pay arrangements.

The parties had an option available to extended the alliance "if it was likely that the projects would be developed within a reasonable time". 

The government is pursuing financing in the form of a loan from a Chinese bank, and expects to secure it within six to 12 months. An expected quantum was not revealed but previous disclosures suggest the infrastructure would cost around $US3.5 billion to develop.

If the government achieves a financing commitment, Sundance has just nine months to secure a financing commitment for the $US1.1 billion development of the project's Mbarga and Nabeba mines.

If it fails to do so, Sundance may be forced to transfer the key permit underpinning Mbarga, "to a nominee of the Cameroon government for no consideration".

Sundance has been inching towards construction of the project, which straddles Cameroon and the Republic of Congo in West Africa, for years.

Hard economic conditions

Securing financing for the infrastructure component should make Sundance's work easier, but the company will continue to face the challenge of financing an iron ore development in the worst economic conditions the sector has seen in close to a decade.

China has invested in projects across Africa in the last few years, in a bid to secure resources for its future growth, and Sundance said the government of Cameroon was optimistic it would be successful attracting financing from China after its Prime Minister visited China in June.

A potential financier could be found in China's Export Import Bank, which recently financed other infrastructure projects in the country, including the Kribi deepwater port and Memve'ele hydroelectric dam.

Sundance said in its March quarter report in April it had been working with the government of Cameroon and Chinese debt and equity providers to fund the infrastructure separately from the mines.

"Chinese debt providers will more than likely require substantial Chinese participation in construction activities and the procurement of Chinese equipment where appropriate," Sundance said at the time.

Sundance awarded Portuguese contracting giant Mota-Engil an engineering procurement and construction contract to build the project infrastructure last year but said Wednesday the Cameroon government had commenced the search for a new EPC contractor "to support its application for a loan from financial institutions".

Sundance chief executive Giulio Casella said the company believed the agreement was the best outcome for shareholders.

Alliance agreement

Meanwhile, the alliance agreement Pilbara iron ore developer Flinders Mines signed in 2014 with the members of the neighbouring Balla Balla joint venture, ASX-listed Rutila Resources and private New Zeland company Todd Minerals, is set to be scrapped.

The agreement was for the development of shared transport and export infrastructure for the two projects.

The parties had an option available to extended the alliance "if it was likely that the projects would be developed within a reasonable time". Flinders said the decision had been made not to extend the alliance beyond the end of the calendar year.

Todd recently proposed to pay Flinders $10 million for an option to buy its flagship project with an exercise price of $55 million, and launched a 30¢ a share bid for Rutila.

Flinders' shareholders are expected to vote on the offer in August. The cancellation of the alliance agreement could free Flinders to pursue other strategic options if shareholders reject the deal.


Source

29.6.15

2141 carats de diamants bruts camerounais évalués dans le rapport du comité ITIE

Par Agence Ecofin

2141 carats de diamants bruts camerounais évalués dans le rapport du comité ITIE


Au cours de l’année 2013, le Cameroun a vendu 2141 carats de diamants bruts sur le marché international, révèle le dernier rapport du comité national de suivi de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). C’est la première fois que les exportations des diamants camerounais figurent dans ce rapport.

Pour rappel, le Cameroun a été officiellement admis au Processus de Kimberly (mécanisme international visant à contrôler le commerce du diamant, afin d’éviter que les revenus issus de son exploitation financent les guerres dans le monde) en août 2012. La première société minière à recevoir du secrétariat du comité local du Processus de Kimberly, l’onction pour l’exportation des diamants camerounais, est C&K Mining, une entreprise coréenne qui a exploré le gisement de Mobilong, dans la région de l’Est.

Cependant, C&K Mining, empêtré dans un scandale boursier lié à la surévaluation du potentiel de ce gisement camerounais de niveau mondial, a depuis quelques mois cédé la majorité de ses actifs sur ce gisement à un investisseur sino-américain.


22.6.15

Cameroun: 829 milliards générés par le secteur extractif en 2013

Par Xinhua - 18/06/2015

Le part de ces fonds alloués au budget de l'Etat s'établit à 788,3 milliards de francs CFA, soit 95% du total des revenus, selon les chiffres communiqués par le ministre des Finances mercredi

Le Cameroun a enregistré un montant de 829,3 milliards de francs CFA (1,658 milliard de dollars) représentant les revenus générés par le secteur extractif et de transport pétrolier en 2013, soit une contribution de 5,4% au produit intérieur brut (PIB) national, révèle un rapport indépendant publié mercredi à Yaoundé.

Le part de ces fonds alloués au budget de l'Etat s'établit à 788,3 milliards de francs CFA (1,576 milliard de dollars), soit 95% du total des revenus, selon les chiffres communiqués par le ministre des Finances Alamine Ousmane Mey, suite à la publication du rapport EITI(Initiative de transparence dans les industries extractives) le plus récent, pour l'exercice 2013.

"Au total, les revenus du secteur extractif alloués au budget national ont contribué à hauteur de 30% des revenus de l'Etat pour l'année 2013", souligne ce rapport, le deuxième publié depuis l'admission du Cameroun en octobre 2013 au sein des pays conformes à l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) qui, parmi ses exigences, impose la publication des rapports de conciliation sur les activités dans le domaine des industries extractives.

Cet apport est estimé à 38% de la valeur totale des exportations et à 5,4% pour le PIB national. Il est en baisse générale comparé à l'exercice 2012, où il s'élevait à 40% des exportations, 31% des revenus de l'Etat et 5,8% du PIB.

Secteur dominant, la production des hydrocarbures a progressé de 790 à 807,1 milliards de francs CFA (1,58 à 1,614 milliard de dollars) de revenus entre les deux années et sa contribution au budget de l'Etat est rapportée à 769,6 milliards de francs CFA (1, 593 milliard de dollars) en 2013, soit plus de 29% des revenus du pays.

La contribution du secteur du transport pétrolier et du secteur minier s'est quant à elle établie à 0,7%, pour une valeur de 18,7 milliards de francs CFA (37,4 millions de dollars).

Dans le secteur minier, qui enregistre une augmentation de 0,9 à 2,5 milliards de francs (1,8 à 5 millions de dollars) de recettes, les revenus déclarés par les sociétés de mine industrielle sont de 2,314 milliards de francs (4,628 millions dollars), contre 152 millions de francs (304.000 dollars) pour les sociétés de carrières et 7 millions de francs (14.000 dollars) de la part de l'exploitation artisanale.

Le Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont salué la publication de ce rapport comme un signe encourageant pour le respect par le Cameroun de la norme ITIE adoptée en mai 2013 en Australie et un progrès dans la transparence dans industries extractives.

"Depuis 2013 où le Cameroun est devenu pays conforme, il y a eu d'énormes progrès accomplis. Nous félicitons vraiment le gouvernement d'avoir sorti ce rapport. Pour tous les pays qui sont les pays miniers ou ceux pour lesquels les ressources sont une partie importante des recettes de l'Etat, c'est important que la transparence soit achevée et c'est en très bonne voie", a souligné à Xinhua la directrice des opérations du FMI pour le Cameroun, Boriana Yontcheva.

Pour son collègue de la Banque mondiale, Gregor Binkert, "le rapport de conciliation pour l'année 2013 est vraiment de très bonne qualité. Les écarts sont très petits. C'est moins que 0,12%, entre ce que les entreprises ont déclaré, ce que l'Etat a déclaré et ce que Moore Stephens (un cabinet britannique) a trouvé. On peut dire que la norme est 0,2%. Ça veut dire que chaque année les données s'améliorent."

L'admission au statut de pays conforme à l'ITIE a plusieurs fois échappé au Cameroun, longtemps perçu comme un pays peu soucieux de la transparence dans son secteur extractif, lequel joue pourtant un rôle primordial dans l'économie nationale. Par exemple, le pétrole représente près de 40% des recettes d'exportation de ce pays d'Afrique centrale.


16.6.15

CNPC effectue ses premiers enlèvements de brut via l’oléoduc Tchad-Cameroun

June 4, 2015 - 15:57 BJT (13:57 GMT)   Investir au Cameroun 


Le Comité de pilotage et de suivi des pipelines (Cpsp), structure qui coordonne au plan institutionnel la gestion du pipeline Tchad-Cameroun côté camerounais, vient d’annoncer qu’un nouvel acteur est opérationnel sur cet oléoduc depuis le mois de janvier 2015. Il s’agit, apprend-on, de la China National Petroleum Company (CNPCIC), qui est active dans les champs pétroliers du Tchad.

En l’espace d’un an, China National Petroleum Co est le 2ème nouvel opérateur qui arrive sur le pipeline Tchad-Cameroun, 10 mois seulement après la compagnie canadienne Caracal Energy Inc, en contrat de partage de production sur les blocs Mangara/Badila au Tchad.

Caracal Energy avait effectué l’enlèvement de sa première cargaison (950 000 barils) du brut tchadien via le pipeline Tchad-Cameroun le 24 mars 2014. Les activités de ces nouveaux opérateurs ont occasionné une hausse de 51% des quantités de brut tchadien ayant transité par l’oléoduc Tchad-Cameroun à fin avril 2015.

En effet, révèlent les chiffres rendus publics par le Cpsp, 15,76 millions de barils de pétrole tchadien ont été enlevés via cet oléoduc sur la période sus-mentionnée, contre 10,46 millions de barils sur les quatre premiers mois de l’année 2014.

Ces enlèvements du brut tchadien, apprend-on, ont généré au Trésor public camerounais un droit de transit d’un montant total d’un peu plus de 12 milliards de francs Cfa, en hausse de près de 86%, comparé aux 6,5 milliards engrangés sur la même période l’année dernière.

Cette explosion du droit de transit, en plus d’être la conséquence de l’arrivée d’un nouvel expéditeur sur le pipeline, découle davantage de la revalorisation de cette redevance intervenue le 29 octobre 2013. Elle est passé de 195 francs Cfa (0,41 dollars) le baril, à 618 francs Cfa (1,30 dollars) le baril, après d’âpres négociations entre l’Etat du Cameroun et la société COTCO, qui gère l’oléoduc côté camerounais.



Le Cameroun veut sortir son secteur minier de l'exploitation informelle

June 8, 2015 - 17:16 BJT (15:16 GMT)   Média Terre 


« Poursuivre l’organisation de l’activité minière artisanale en vue de l’orienter vers le secteur formel, puis améliorer le cadre de vie des populations locales ». C’est la principale recommandation de la deuxième édition de la Conférence internationale et l’exposition sur les mines au Cameroun (Cimec 2015) qui s’est tenue du 27 au 29 mai 2015 à Yaoundé. Au cours de cette conférence internationale qui a regroupé près de 800 participants et 200 officiels et opérateurs de l’industrie minière et des activités connexes, le Cameroun a ainsi eu l’occasion de présenter son savoir-faire en matière minière et de profiter de l’expériences d’autres pays (d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe) pour peaufiner sa stratégie en vue de se positionner comme l’un des leaders en Afrique dans le domaine de l’industrie minière.

Les participants à cette conférence qui avait pour thème : « Développement durable du secteur minier en Afriques centrale » ont proposé de « poursuivre la compatibilité de l’activité minière artisanale au développement durable ». Cela nécessite la mise sur pied qu’une politique de professionnalisation et de renforcement des capacités des acteurs du secteur. Cela passe également par un processus d’acquisition des infrastructures nécessaires au développement du secteur (engins, laboratoires, équipements de sondage). Il a été également recommandé de faire une prospection poussée des minerais pouvant entrer dans la confection des intrants (calcaire, phosphate…).

Le Cameroun qui dispose du plus grand gisement d’Afrique en nickel et cobalt, de la deuxième réserve d’Afrique en bauxite, du plus grand corridor d’Afrique centrale en gisement de fer, du rutile, de l’or, du diamant, de l’uranium et d’autres pierres précieuses, n’exploite jusqu’ici que 40% de son potentiel minier. Mais depuis peu et grâce au financement de la Banque mondiale, le pays est entrain d’étendre ses zones de recherche du sous-sol. L’Union européenne intervient également dans l’encadrement des artisans miniers à travers le Projet d’appui à l’amélioration de la gouvernance dans la gestion des ressources minières. C‘est dans cette optique que 147 millions de Fcfa ont été mis à la disposition de certaines communes de la région de l’Adamaoua dans la partie septentrionale du pays pour encadrer les artisans. 


Cameroun : Sinosteel envisage l'exploitation d'un gisement de fer dès 2016

June 8, 2015 - 17:18 BJT (15:18 GMT)   Xinhua 


YAOUNDE, (Xinhua) -- En attente d'un permis d' exploitation cette année, la société chinoise Sinosteel Corporation, en partenariat avec Africain Minerals Ltd, envisage la mise en valeur dès 2016 d'un gisement de 632,8 millions de tonnes de fer près de Kribi, au Sud du Cameroun, en dépit d'une conjoncture internationale incertaine pour les investissements due à la baisse des cours de ce minerai.

Présente à la 2e Conférence internationale et exposition sur les mines au Cameroun (CIMEC 2015) organisée du 27 au 29 mai à Yaoundé par le ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique, Sinosteel a assuré lors de ce rendez- vous de son ambition de construire la première mine de fer dans ce pays, parmi unpetit nombre d'autres investisseurs annoncés dans la filière.

"Sinosteel est déterminée à réaliser son projet, malgré la chute des cours du fer. C'est un projet de 800 millions de dollars [400 milliards de francs CFA] de coût d'investissement, qui comporte notamment la construction de la mine, d'un pipeline, d' une centrale thermique, la mise en place d'un fonds de roulement, etc.", a exposé à Xinhua Paul Ntep Gwet, conseiller de l' entreprise.

Le projet a commencé à prendre corps en 2008 avec la réalisation des tests de valorisation du minerai, sur la base de l' acquisition de deux permis de recherche, Lobé 1 et Lobé 2, pour une ressource évaluée à 632,820 millions de tonnes à une teneur de 33,3% de fer et qui couvre une superficie totale de 971 km2 à Mamelles, localité située à 17 km du terminal minéralier du port en eau profonde de Kribi.

Dans un premier temps, Sinosteel et son partenaire camerounais Africain Minerals Ltd (5% du capital) prévoyaient de produire environ 4 millions de tonnes l'an, sur 25 ans.

"On va commencer avec 320 millions de tonnes, pour une production annuelle de 10 millions de tonnes. On compte enrichir le fer sur place à 66%. Pour cela, on aura besoin de 100 mégawatts de production d'énergie, à travers le gaz naturel", renseigne aujourd'hui Ntep Gwet.

Le groupe se prépare à soumettre aux autorités camerounaises sa convention minière dans un délai de deux mois. "On espère avoir le permis d'exploitation avant fin 2015, pour qu'en 2016 on commence l'exploitation avec la construction de la mine pendant dix-huit mois", précise encore l'ex-coordonnateur du Cadre d'appui et de promotion de l'artisanat minier (CAPAM), agence gouvernementale.

Une partie des financements sera garantie par des fonds propres et l'autre partie par des prêts bancaires. Pour la viabilité de l' investissement eu égard à la chute des cours du fer, la compagnie basée à Yaoundé affirme solliciter des "incitations spécifiques" auprès de l'Etat camerounais, dont elle se garde de divulguer la nature. Parmi les progrès réalisés dans l'exécution du projet, les dirigeants de Sinosteel Cam S.A. mettent en avant l'obtention d'un certificat de conformité environnementale et sociale. Ils font état de leur intention de promouvoir la transformation locale avec la construction d'une aciérie, afin de pouvoir se positionner à la fois sur le marché de la consommation nationale et internationale.

RESSOURCES INEXPLOITEES

Il est de notoriété que le Cameroun est une terre riche en ressources minières et minérales, mais inexploitées. D'après les estimations, plus de 6 milliards de tonnes de réserves de fer sont enfouis dans le sol du Sud du pays jusqu'au Nord-Congo et au Nord- Gabon, pays voisins et membres comme lui de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC).

Au regard de l'importance du potentiel révélé par les gisements mis au jour, ces estimations sont à coup sûr sous-évaluées.

Le pouvoir camerounais fonde de réels espoirs sur la concrétisation du projet de Sinosteel, notamment pour faire oublier les rendez-vous manqués de Cam Iron, qui peine à mobiliser les financements nécessaires depuis la signature de sa convention minière fin 2012 pour l'exploitation d'un gisement de fer aussi à l'Est.

A cheval entre l'Est du Cameroun et le Nord du Congo, le gisement de Mbalam-Nabeba, initialement estimé à 775,4 millions de tonnes à une teneur de 57,2% de fer, a récemment été réévalué à 805,7 millions de tonnes à une teneur de 57,3% de fer, pour une production annuelle projetée de 40 millions de tonnes. Son coût d' investissement est de 4,7 milliards de dollars (2350 milliards de francs CFA).

A sa décharge, ce projet comme bien d'autres en Afrique s'est vu pâtir de la baisse de l'appétit des investisseurs due à une chute sévère des cours du fer, passés de 150 en 2011 à 62 dollars la tonne à l'heure actuelle.

C'est la principale raison invoquée aussi par les dirigeants de Caminex, filiale de la multinationale basée à Londres Imic ( International Mining & Infrastructure Corporation), pour justifier la tente évolution de leurs deux projets de Nkout et d'Akom II, dans le Sud du pays, respectivement estimés à 2,7 milliards de tonnes à une teneur de 66% de fer et à 176,3 millions de tonnes à une teneur de 35%de fer.

"Il est évident que la baisse des prix a un sérieux impact sur l'appétit des investisseurs pour s'engager dans ce type de projet, qui nécessite de lourds investissements", a souligné à Xinhua Haresh Kanabar, responsable financier d'Imic pour qui sans une remontée des cours annoncée par certaines analystes vers 2018 il serait vain d'envisager surtout le développement du projet phare de Nkout.

A environ 7 km de Djoum, ville proche de la frontière congolaise, le gisement de Nkout, d'une production annuelle projetée de 35 millions de tonnes l'an, a été racheté par Imic à Afferro Mining en décembre 2012, pour une valeur de 200 millions de dollars (100 milliards de francs CFA). Selon Haresh Kanabar, son coût d'investissement avoisine les 5 milliards de dollars (2. 500 milliards de francs CFA).

Le site du projet est localisé à 330 km du terminal minéralier du port en eau profonde de Kribi et nécessite la construction d'un chemin de fer. Celui du Ntem (Akom II) se trouve quant à lui à une distance de 80 km et planche sur la construction d'un pipeline pour le transport du minerai prévu d'être produit à 4 millions de tonnes l'an.

"Au stade actuel, nous ne sommes pas en mesure de commencer la construction des infrastructures et la production à Nkout. Je pense que ça prendra probablement cinq ans avant d'entrer en production.Mais pour Ntem, nous pensons qu'il est possible de construire le pipeline dans les trois années à venir", fait savoir Harseh Kanabar.

INDUSTRIE SIDERURGIQUE LOCALE

Créée en 2010, la Compagnie minière du Cameroun (CMC), filiale du britannique West Africain Minerals Corporation, déclare attendre elle aussi l'évolution du marché international pour lancer les études de faisabilité pour le plus avancé de ses trois projets, qu'"on ne peut pas faire actuellement, parce qu'on ne sait pas quel coût on mettra au niveau du coût de vente", selon son dirigeant, Steve Makang.

Sur le permis Sanaga à Edéa, à une distance de 60 km du port de Douala et de 160 km de celui de Kribi, CMC s'emploie à vouloir exploiter un gisement de 82,9 millions de tonnes à une teneur de 32,1% de fer. Pour Binga, à Ma'an (sud), l'entreprise annonce avoir mis en évidence un gisement de 30,5 millions de tonnes à une teneur de 29,7%,entre 80 et 100 km du port de Kribi.

A Ngoïla (est), le permis Djadom porte sur un gisement de 111,5 millions de tonnes à une teneur de 30% de fer.

"Notre stratégie : commencer par quelque chose de petit, sur 10 ans, entre 3 et 5 millions de tonnes l'an, dès que les conditions seront favorables. Nous recherchons des projets à capitaux inférieurs ou égaux à 500 millions de dollars, pour pouvoir réaliser les investissements tant au niveau de la partie mine que de la partie des infrastructures", a assuré à Xinhua Steve Makang.

Comme Sinosteel, CMC affirme vouloir aussi favoriser la mise en place d'une industrie sidérurgique locale pour la région, qui fait encore défaut, en portant son choix sur la transformation locale de la ressource produite.